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Pour la petite Histoire

Histoire et vie traditionnelle

Pays des « morilles », ces goûteux champignons oblongs, un peu indécents, que l’on trouve au printemps tardif sous quelques arbres du verger, Morillon l’est à coup sûr : tous les chercheurs de champignons, Genevois en tête, l’affirmeront et le confirmeront sans pour autant révéler leurs lieux de riches trouvailles.

 Histoire de Morillon Vaillge : L'Eglise Saint Christophe

L’Eglise Saint Christophe à Morillon Village

Les anciens textes ne disent rien sur le sujet : ce silence, validé par l’absence de tout indice visuel sur armoiries, blasons ou cachets divers, laisse place à toute interprétation. Au tout début, on parle de la Vallée des « Certous » qui correspond au Haut-Giffre d’aujourd’hui. Dans les documents d’archives on trouve mention de « Merello », « Morellons », puis « Morillion » …

En 1316, les reconnaissances de certains fiefs évoquent les sujets de Morellon. L’acte de fondation de la chapelle St Christophe du 27 juillet 1457 se situe au Crest de Morillion …

La science toponymique nous apprend que le radical « mor » (que l’on trouve aussi sous la forme, mour, mur … ) signifie » morceau de pierres, butte rocheuse » : Morillon signifierait donc « village édifié sur un lieu caillouteux ». Logique au vu de l’histoire, puisque un éboulement de terrain sépara un formidable pan du versant gauche du Giffre dont le glissement se voit bien à l’aplomb de la plaine juste sous le village moderne. De même, les villages ou lieux dits homonymes: Montriond (entre Morzine et Avoriaz) Morion (au dessus de Courchevel), rappellent qu’en pays de montagne, la pierre est une permanence qui dicte aussi les noms des lieux et organise la vie des hommes.

Extrait du livre (épuisé) « Morillon, Petite chronique des jours » de Jean-François Tanghe.

La vie d’autrefois

Les paysans montagnards vont organiser leur travail en fonction de la nécessaire économie du fourrage destiné à l’alimentation du bétail. Leurs habitations vont dépendre de cette obligation vitale : on a ainsi pu dire qu’ils avaient trois maisons entre lesquelles ils vont chaque année déplacer familles, troupeaux et matériels, à la recherche de l’herbe précieuse.

La première, la ferme principale, est située dans la plaine ou sur les coteaux à une altitude basse : l’herbe y est fauchée l’été (les foins) et l’automne (les regains) pour être stockée en vue de l’alimentation hivernale.

Au printemps, les paysans « se remuent » : ils conduisent leurs troupeaux aux « foris », petites habitations entourées de prés « à manger », situées à des altitudes intermédiaires. Ils achèvent leur mouvement cyclique , en s’em montagnant » (montant à l’alpage) au début de l’été, lorsque à cette altitude, l’herbe est suffisamment haute et fournie après la fonte des neiges. Quand celles-ci réapparaît, ils quitteront la montagne pour redescendre au village afin d’y passer l’hiver (le démontagnage).

On ne construit bien sûr plus sa maison aujourd’hui comme on le faisait autrefois.

Pour en savoir plus sur l’Histoire et le patrimoine de Morillon, profitez d’une visite guidée gratuite, avec l’une des Guides du Patrimoine des Pays de Savoie.